Comment photographier en grand-angle dans une eau très très chargée ?

Namasté 🙏les Amoureuses / eux 💖 du Monde du Silence 🦞,

Avec l’automne, les pluies déversent des alluvions dans nos plans d’eau, dans les estuaires. La visibilité peut alors être particulièrement réduite. Même sans appareil photo, ce n’est pas évidement de ne pas perdre son binôme. Faut-il alors laisser son matériel de prise de vue de côté ? N’y a-t-il pas moyen de faire quelques photos intéressantes ? Quelles sont les possibilités ? Voici quelques trucs et astuces pour tout de même ressortir avec des photos pas trop ratées.

Outre les différentes raisons que je mentionnais dans une de mes premiers articles (Pourquoi photographier dans les pires conditions ?), il ne faut pas croire que nous ne pouvons pas faire de belles photos (ou du moins des photos intéressantes) quand c’est pourri. Evidemment, ce ne sera pas le rendu des Bahamas. Si l’ambiance est chargée, la lumière faible, ainsi seront probablement vos photos. Elles reflèteront cette ambiance sombre, cette mauvaise visibilité. 

Mais comment faire ?

Le choix de l’optique
A quelques cm du sujet: au plus proche de ce que permet l’optique

Puisque nous sommes en grand-angle, il faudra choisir un objectif dont la distance de mise au point minimale est la plus courte possible. Ceci, évidemment si vous avez le choix entre plusieurs objectifs. Le but de ce choix est de mettre le moins d’eau possible entre l’objectif et le sujet en étant au plus proche de ce dernier.

Pour ma part, j’aime bien le 16-35 mm linéaire et le fish-eye 8-15 mm qui me permettent de m’approcher à une dizaine de cm depuis l’extrémité du dôme. De même, pour le compact RX-100M5 de chez Sony, le pré-objectif grand-angle de chez Nauticam WWL-1 permet de se retrouver très proche du sujet.

Photographiez en lumière ambiante
Jouer avec les formes et les contrastes pour évoquer les sujets et faire travailler l’imagination

Ce qui met le plus en évidence des particules, ce sont les flashs. La solution la plus simple est donc … de ne pas les utiliser et d’exposer uniquement avec la lumière naturelle. Vous n’aurez donc plus (beaucoup) de couleur. Mais il est possible de faire du noir et blanc, de travailler les contrastes, les formes, etc …

Comme vous aurez probablement peu de lumière, ne descendez pas trop profondément. Vous devrez très probablement pousser la sensibilité de votre appareil vers ses valeurs les plus élevées et les moins utilisées. Qu’à cela ne tienne, nus sommes dans des conditions difficiles, nous aurons des photos qui représentent cela. Et c’est très bien aussi.

Privilégiez le high-key
Une ambiance plutôt claire pour atténuer les particules

C’est à dire, faites des photos plutôt claires. Comme les particules sont claires, si l’ambiance générale est claire, elles se verront moins. Elles apparaîtront dans les zones sombres car elles contrasteront. Cela veut dire que vous devrez  faire des choix pour éclaircir votre photo:

  • ouvrir le diaphragme (petit nombre)
  • ralentir la vitesse (allonger le temps d’exposition)
  • augmenter la sensibilité

Ce sont vos autres choix esthétiques qui vous aiguilleront sur les paramètres que vous pourrez modifier. 

Par exemple vous souhaitez avoir une certaine profondeur de champ, vous devrez alors adapter la vitesse et la sensibilité. Si par contre vous suivez de près une carpe, vous voudrez garder une vitesse pas trop basse et vous agirez avec la sensibilité et  le diaphragme.

Les flashs au minimum
Un petit coup de flash pour donner de la couleur et de la profondeur

Si vous souhaitez utiliser les flashs pour mettre en valeur un peu de couleur, vous devez alors définir sa puissance de sorte qu’elle soit inférieure à la lumière ambiante afin qu’elle ne “sur-éclaire” pas les particules. Je veux dire par là, qu’ils ne donnent pas trop de lumière qui feraient ressortir les particules par rapport à l’ambiance ou feraient apparaître un fort halo blanc. Si l’ambiance reste l’éclairage dominant, les particules resteront “noyées” dans la lumière ambiante.

Il se peut que votre (vos) flash(s) soient alors trop puissants car vous aurez poussé la sensibilité pour avoir une lumière ambiante qui crée une image claire. Le TTL et sa correction peuvent ne pas donner de bons résultats. C’est donc un bon exemple qui montre que le travail en manuel permet d’assurer plus de constance et de précision (Voir l’article sur le sujet: Pourquoi utiliser son flash en mode Manuel ?). Si malgré vos efforts, la puissance reste trop élevée, le recul et l’orientation des flashs permettent de gérer également la puissance lumineuse qui arrive sur le sujet. Ceci pour le mode manuel. En TTl, les automatismes tenteront de compenser cela.

Bien diriger les cônes de lumières
Un contre-exemple 😉

Toujours dans le positionnement des flashs, il faut les placer fort en arrière. Ils doivent être situés aux environs de vos oreilles si vous avez l’œil dans le viseur. Leur orientation devrait être plutôt vers l’extérieur (selon l’angle de couverture) pour que les cônes de lumière viennent tout juste frôler votre sujet (La base du positionnement des flashs et lampes). Ceci permet d’une part de l’imiter la quantité de particules concernées par l’éclairage au flash et d’autre part de gérer la puissance lumineuse (comme expliqué au paragraphe précédent).

Utiliser une lampe
La lampe éclaire le taquet du voilier

Si le flash ne convient pas toujours, ou simplement pour effectuer des photos qui donnent un autre rendu, vous pouvez utiliser une lampe. Personnellement je n’utilise pour ainsi dire jamais de lampe comme source de lumière artificielle principale. Par contre, j’utilise volontiers une lampe dans les mains d’un modèle. Ici, cela peut servir à mettre en évidence un sujet, un détail de la photo. Avec une exposition uniquement avec de la lumière ambiante, vous pouvez jouer sur le rendu de la lampe en jouant sur la largeur du faisceau, sa puissance ou son orientation par rapport à l’appareil.

Ne pas oublier le développement

Avec les logiciels de développement nous avons à notre disposition pas mal d’outils qui nous permettent de minimiser la masse visuelle (l’impact) des particules et de mettre en évidence votre sujet. Vous pouvez jouer sur le vignetage, l’outil d’élimination des défauts, le seuil des noirs ou des ombres, l’élimination du voile, les filtres gradués, les filtres radiaux, etc … Tous ces éléments sont simples (quelques clics) et permettent de franchement améliorer le résultat. Alors, pourquoi s’en priver ?

Travail sur les micros-contrastes et quelques filtres pour assombrir les côtés. L’attention est ainsi centrée sur l’épave et la plongeuse dont la silhouette a été renforcée

D’ici votre prochaine immersion sur ce site, je vous souhaite, malgré cet article, des plongées dans des eaux pas trop chargées.

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