Expositions Multiples

Bonjour les Amoureuses / eux 🥰 du Monde du Silence 🐬,

Dernièrement je me suis penché sur les photos faites à partir de la combinaison de plusieurs prises de vue. Cette technique, ou plutôt, ces techniques portent le nom d’exposition multiples. En me documentant, j’ai trouvé les éléments nécessaires pour réaliser ce type de photographies. En attendant un descriptif plus détaillé dans d’autres articles, je vous partage mes premiers essais, les leçons apprises et les premiers résultats.

Le principe

L’idée pour ce type de photos est de mettre ensemble des éléments qu’il est difficile voir impossible de rassembler autrement qu’en les photographiant séparément et en les mettant ensemble par la fusion des deux photos. Ceci peut s’appliquer à deux photos ou plus. Je commence évidemment avec deux images pour simplifier la composition et acquérir le savoir faire. De plus, avec plusieurs éléments je ne suis pas sûr que le résultat soit forcément meilleur, plus agréable, plus réussi. Il faut éviter que cela paraisse trop “Kitch” comme on dirait à Bruxelles = trop rococo, trop chargé, trop exagéré. 

Cette technique existe depuis l’argentique. Il a d’ailleurs fallu un peu de temps pour que cela revienne dans les menus des appareils numériques. Elle se base sur le principe qu’en fusionnant les deux photos, les parties les plus claires de chaque photo seront présentes sur la photo finale. Le but est dès lors d’avoir sur chacune des deux photos une partie (environ une moitié) avec le sujet bien éclairé et le reste de la photo très sombre. Evidemment, ces zones ne sont pas les mêmes sur chacune des deux photos. La partie claire avec le sujet d’une photo correspond à la partie sombre de la deuxième. Et vice-versa. 

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La technique

Il y a plusieurs façons de réaliser une exposition multiple. Celle que j’ai utilisée directement dans l’appareil photo s’appelle (chez Nikon) “Superposition des images”. Il s’agit de combiner deux images présentes sur la carte mémoire. J’ai choisi de commencer par cette technique car elle me semble la plus facile. En effet si une photo est ratée, je peux la reprendre directement. Les étapes sont séparées, une erreur dans une photo ne nécessite pas de recommencer tout le processus. J’ai donc plus de contrôle sur le processus. Pour débuter, cela me semble idéal. En prenant des photos séparées, il est alors possible de prendre plusieurs photos avec des petites variations et d’essayer plusieurs combinaisons pour trouver celle(s) qui vous plait (plaisent) le plus. Attention qu’à avoir trop de possibilités, on s’y perd dans les photos à tester et celles déjà testées.

Le matériel

Ce type de photographie peut très bien se faire avec du grand-angle, de la macro ou un mélange des deux. Évidemment, avec un réflex, il faudra se contenter lors d’une même immersion d’utiliser le même objectif. Avec un compact, il faudra que celui-ci vous permette de faire de la fusion d’image. La photo résultante sera donc la combinaison de deux photos faites avec le même objectif. (Macro-Macro ou Grand-Angle – Grand-Angle).

Notez qu’en laissant des photos sur la carte d’une plongée à l’autre et en changeant d’objectif, vous pourrez alors mélanger des avants-plans Macro avec des arrières-plans Grand-Angle. A ma connaissance, seule des photos prises par l’appareil photo qui fait la fusion sont acceptées. Des photos prises avec un Nikon D200 (ou  a fortiori une autre marque comme Sony ou Canon) ne pourront pas être utilisées par un Nikon D800. Ceci étant d’une part dû à la taille des images mais également aux formats qui présentent des différences, même si ce sont des “NEF” dans les deux cas.

L’objectif

Pour ma part, sachant qu’à Ekeren les sujets bios sont assez petits, je me suis décidé pour un objectif Macro. Afin de disposer d’autant de place que possible pour placer mes deux sujets, j’ai choisi le 60mm plutôt que le 105mm qui aurait cadré trop serré. Les prises de vue au grand-angle, ce sera pour une autre fois, sans doute avec le 16-35 et le fish-eye 8-15

L’éclairage

Pour la prise de vue de l’avant plan en macro, l’éclairage au snoot est indispensable. C’est lui qui permet de photographier en n’éclairant que le sujet et en gardant le reste de l’image noir. Pour cela il faut évidemment: 

  • une durée d’exposition très faible à la limite de vitesse de synchronisation (1/320s dans mon cas)
  • un diaphragme fermé (1/18 à 1/25):

La conjonction de ces deux éléments coupe la lumière ambiante pour avoir le noir nécessaire et donne de la profondeur de champs aux sujets.

Le snoot permet également de minimiser les particules. Ce point est important car elles apparaîtront d’autant plus dans les parties sombres de la photo ou pourraient venir “polluer” l’autre partie de la photo provenant de la seconde prise de vue. 

Le snoot devra être adapté à l’optique utilisée. Un snoot qui réduit fort le cône de lumière pour un objectif Macro et un plus large pour le grand-angle. Si vous ne connaissez pas bien les snoots, je vous donne les liens vers deux articles qui présentent les caractéristiques et les intérêts des snoots:

Concernant l’arrière-plan, c’est une prise de vue en lumière naturelle : sans les flashs ni les lampes. J’ai exposé pour le soleil qui miroite sur la surface. Il en résulte une photo très sombre en dehors du soleil. Néanmoins, comme l’eau était assez claire et la profondeur était limitée (environ 7 mètres), le noir n’était pas absolu. L’eau était verte sombre mais pas vraiment noire. Cela a eu une conséquence que vous découvrirez plus loin dans le paragraphe “Développement”.

Découverte

Pour mon arrière-plan, j’ai photographié la surface avec le soleil (= à l’infini). Ce faisant mon 60mm Macro “reculait”. Son angle de vue était suffisamment large pour “voir” les bords du hublot. C’est du vignetage. C’est un fait que je n’avais jamais remarqué car je l’ai toujours utilisé pour de la macro avec une distance de mise au point à quelques cm ou dizaine de cm. Il me faudra donc changer d’objectif. En effet, le 60mm macro que j’ai utilisé est une vieille version. Depuis quelques années, Nikon a sorti un nouveau modèle dont la mise au point est interne. Cela veut dire qu’il fait le focus sans modifier la taille de l’objectif. 

 

 
A gauche, l’ancien 60mm Macro (à gauche) avec la mise au point sur l’infini (et au-delà 😉). Il est dans la configuration la plus compacte. C’est elle qui donne le vignetage.

A droite, le nouveau 60 mm Macro ne change pas de taille quelle que soit la mise au point. Il est un peu plus grand que l’ancien modèle dans sa position compacte. 

 

A gauche, l’ancien modèle 60 mm Macro à gauche est complètement étendu lorsqu’il fait la mise au point au plus proche pour le rapport de grossissement 1:1.

A droite, Le nouveau modèle 60 mm Macro (dont la taille reste constante) est alors un peu plus petit que l’ancienne version dans sa position allongée (rapport 1:1)

Les thèmes

C’est ici que l’expérience va jouer et que le talent pourra se révéler. Car si la technique peut s’acquérir rapidement. Même sans en avoir jamais fait, j’ai pu appliquer la recette sans grande difficulté. Ce qui était moins évident c’était de choisir les sujets, leur positionnement, l’éclairage qui irait bien, etc …

Avant de partir j’ai réfléchi aux ‘arrière-plans’ que je pourrais utiliser. Mais au final, seul le soleil en surface fonctionnait bien avec le 60 mm.  Cela ne veut pas dire qu’il n’y en a pas d’autres. Il va falloir regarder les réalisations d’autres photographes pour s’inspirer, évoluer et créer ce qui nous plaira. Il faut aussi comptez qu’avec de la pratique, je trouverai aussi de nouveaux arrières-plans ou je réussirai là où j’ai aujourd’hui échoué.

Avec un grand-angle, les arrière-plans possibles, sont me semble-t-il plus nombreux. A essayer. Je vous ferai un article là-dessus le moment venu.

Développement

Lorsque j’ai analysé les photos sur le grand écran de mon PC, je les ai trouvé un peu fade. Comme les RAW en général, même un peu plus. Cela est principalement dû aux noirs qui ne le sont pas forcément toujours (je le mentionnais précédemment). Des noirs qui sont juste un peu sombres apporte un effet de voile sur l’autre partie de la photo. C’est un point à bien garder en mémoire pour les prochaines prises de vue. En développant les photos dans Lightroom, j’ai donc ajouté un peu plus de clarté et de vibrance qu’à l’accoutumé. Ces paramètres seront sauvegardés comme modèle de développement spécifiques afin de les appliquer ultérieurement.

Etude de cas

Bien que je n’aie pas réalisé des dizaines de photos, même en restant 1h45 sous l’eau (Ekeren 25 °C 🥳), je ne vous les expliquerai pas toutes. Certaines sont un peu redondantes car j’ai eu la chance de rencontrer une écrevisse très coopérative. J’ai donc pas mal de photos avec une écrevisse.

  • L’oreille du chat

Cette composition est la toute première que j’ai faite. En arrivant sur l’amphore, il y avait un peu trop de particules. Un peu plus loin, il y avait la statue d’un chat. J’ai éclairé au snoot son oreille gauche, Il y avait quelques moules d’eau douce et des hydres

Ensuite j’ai photographié le soleil en surface.

Pour finir, j’ai utilisé l’outil du menu de l’appareil pour créer la photo finale. Dans Lightroom j’ai recadré pour éliminer le vignetage et augmenté la “clarté” et la “vibrance” de la photo. 

  • L’écrevisse dans sa maison

De retour sur l’amphore, après quelques photos de cnidaires j’ai été surpris par la présence d’une écrevisse pas trop mal placée dans un coin de l’amphore. J’ai fait plusieurs essais en plaçant différemment le snoot. Je l’ai aussi détaché de mes bras pour le maintenir à la main.

J’ai choisi cette image car elle laisse transparaître des éléments de structure de l’amphore en fer forgé. Le soleil apparaît comme s’il était dans une fenêtre. Celle de la maison de l’écrevisse. Comme quoi le noir absolu n’est pas toujours la meilleure solution. Ceci n’était pas planifié. C’est le propre des essais, de faire des modifications qui permettent de trouver des effets sympathiques à réutiliser par la suite. Par contre, il y a un peu beaucoup de particules. Néanmoins, l’atmosphère, pour ma part, surpasse ce défaut. Peut-être que dans quelques centaines de photos de ce type, je changerai d’avis 😉.

  • La Dreissena

Dans ce dernier exemple, j’ai voulu mettre en évidence un élément excessivement commun d’Ekeren: une petite moule zébrée (Dreissena polymorpha). On en trouve un peu partout sur les plantes aquatiques. J’ai cherché une tige un peu décalée que je pourrais éclairer au snoot sans mettre en évidence une autre partie.

Classiquement, la seconde photo était le soleil en surface.

Certains me diront peut-être que j’aurais pu photographier la petite moule avec le soleil derrière. Oui … sauf qu’alors le soleil (ou la moule) n’auraient pas pu être nette en même temps. Cette technique permet donc, sur la même photo, de faire apparaître nets  des sujets très éloignés.

Conclusion
  • La réussite de ce type de photos vous demande de maîtriser l’exposition et la composition des photos individuelles pour que leur fusion donne du sens. Cette maîtrise vous sera évidemment bénéfique pour le reste de vos photos.
  • Cet exercice est aussi un domaine de développement pour votre créativité. Les portes de nouvelles possibilités s’ouvrent devant vous.
  • Il faudra peut-être adapter votre matériel pour profiter pleinement des possibilités de cette technique. Pour ma part, un nouvel objectif 60mm sera nécessaire et peut-être une adaptation de mon port plan.

D’ici le prochain article, je vous souhaite de bonnes plongées avec de nouvelles expériences photographiques.

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