60 mm ou 105 mm : lequel choisir pour la Macro ?

Bonjour Les Amoureuses 😍/ eux du Monde du Silence🐠,

Vous aimez la macrophotographie 🦀et vous vous demandez peut-être quel est le meilleur objectif pour ramener vos images des lilliputiens subaquatiques. Vaut-il mieux une courte focale (ex: 40 à 60 mm) ou une longue focale (ex:  90 à 105 mm) ? Quels sont les critères qui doivent être pris en compte ? Je vous détaille cela dans les lignes qui suivent.

Tout d’abord, je considère que les objectifs sont des objectifs macro permettant le rapport 1:1 dans les deux cas.

  • 60 mm Micro (=Macro) Nikkor f 2.8D (ancienne version)
Nikon 60 mm Macro – f2.8
  • 105 mm AF-S Micro Nikkor f/2.8G IF ED VR
Nijon 105 mm Macro – f 2.8
D’un point de vue pratique

Plus la visibilité est est mauvaise, plus une focale courte (40-60 mm) est intéressante car vous pouvez vous rapprocher du sujet. Vous diminuer la quantité d’eau et donc les particules entre votre objectif et le sujet. Inversement, avec une bonne visibilité, une longue focale vous permet de garder de la distance pour faire des gros plans de sujets farouches.

Deux exemples de pré-optiques Saga +10 et +20 dioptries

Si vous comptez utiliser des pré-optiques (grossissante), vous raccourcissez la distance de prise de vue. Donc en fonction du sujet, le choix de la pré-optique et de la focale peuvent différer.

Un sujet immobile peu convenir au macro 60 mm  et à une pré-optique du style Saga +10. Une pré-optique +15, +20 rapproche tellement du sujet que cela n’est pas pratique pour une courte focale. Il n’y a en effet quasi pas de place pour placer les flashs et éclairer le sujet. Dès lors une longue focale est à privilégier.

Si le sujet est mobile ou que vous souhaitez utiliser des pré-optiques aux grossissements importants, une longue focale est recommandée.

Si la visibilité est mauvaise, vous serez alors limité soit à la courte focale (voir ci-avant), soit à une plus longue focale mais avec une pré-optique pour vous rapprocher et diminuer la quantité d’eau entre l’objectif et le sujet.

on pose le problème

Je me suis demandé s’il y avait une différence entre une courte focale et longue focale dans leur capacité à atteindre le rapport de grossissement 1:1 (1cm dans la réalité donne 1cm sur le capteur). Théoriquement ils peuvent tous les deux avoir le même pouvoir grossissant. Mais qu’en est-il en pratique ? De même, si l’on ajoute un pré-objectif, est-ce que le facteur multiplicateur (c’est à dire le pouvoir grossissant) est également le même ou bien la focale influence-t-elle le résultat ? Peut-être qu’en ressortant les cours d’optique géométrique je trouverais la solution, mais le côté pratique me convient également et il est sans doute plus rapide. Pour finir, quoi qu’en dise la théorie, c’est la pratique de ce que nous pouvons faire sous l’eau qui nous intéresse le plus.

Je me suis donc rendu à la piscine de mon club de plongée pour réaliser les tests. Comme je le disais dans différents articles, s’entraîner, faire des tests, chercher des idées, photographier pour le plaisir : c’est aussi possible et intéressant à faire en piscine. 

Voici le résultat de mes tests.

Matériel Nikon D800 – 60 mm Macro (ancien modèle) – 105 mm macro – Saga +10

60 mm seul

Nous remarquons que les graduations photographiées représentent 3,6 cm sur un capteur de 3,6 cm. Le rapport est bien de 1:1. Ceci était attendu et confirmé par l’expérience.

60 mm Macro seul – Grossissement maximal 1:1 – ISO 100 – f/11 – 1/160 s
60 mm & Saga +10

En ajoutant un pré-objectif SAGA +10, les graduations photographiées représentent 2,6 cm sur un capteur de 3,6 cm. Le rapport de grossissement est donc de 3,6 / 2,6 = 1,38 . On a donc gagné un facteur 1,4

60 mm Macro & Saga+10 – Grossissement maximal: 1,38 – ISO 100 – f/11 – 1/160 s
105 mm seul

On remarque que l’appareil couvre environ 3,3 cm de la règle pour couvrir le capteur de 3,6 cm. Nous dépassons donc légèrement le rapport 1:1. Nous gagnons environ 9% puisque 3,3 cm deviennent 3,6 cm. Le facteur de grossissement est de 1,09.

105 mm Macro. Grossissement maximal – 1,09 – ISO 100 – f/10 – 1/200 s
105 mm & Saga +10

Nous remarquons que la mise au point est moins nette. Ceci est dû à la pré-optique qui rend la mise au point plus difficile.

Ici le grossissement est plus important. En effet c’est environ 15,5 mm qui deviennent 36 mm. Le facteur de grossissement est de 36 / 15,5 = 2,32. On a gagné un facteur 2,13 par rapport à l’objectif sans la pré-optique. 

105 mm Macro & Saga+10 – Grossissement maximal: 2,13 – ISO 100 – f/14 – 1/200 s
105 mm & SAGA +15

Avec cette pré-optique, le contraste / le piqué chute. La mise au point est plus difficile. La distance entre le sujet et le front de la pré-optique est de quelques cm. 

Nous obtenons des grossissements importants. Les 36 mm du capteurs couvrent 13 mm réels. Le grossissement est donc de 36 / 13 = 2,77. Nous avons donc gagné un facteur 2,56 par rapport à l’objectif seul (qui grossissait à 1,09).

105 mm Macro & Saga+15 – Grossissement maximal 2,77 – ISO 100 – f/36 – 1/160 s

 

105 mm & SAGA +20

Autant vous dire qu’ici le pré-objectif se trouve à moins d’un cm du sujet. La mise au points et le positionnement de l’éclairage sont de vrais difficultés: même dans un environnement contrôlé comme la piscine. N’imaginez pas faire cela sur l’œil d’un poisson. Sauf chez votre poissonnier 😂

Outre les difficultés pratique, la qualité de l’image est restreinte. Peut-être est-ce aussi dû à l’équerre plastique utilisée qui crée cet effet en plus de l’extrême faiblesse de la profondeur de champs malgré le diaphragme très fermé à f45. Ce diaphragme peut lui aussi créer une qualité moindre à cause de la diffraction de la lumière (propriété ondulatoire de la lumière) à travers un trou aussi petit.

Au grossissement maximal nous photographions donc 11 mm sur les 36 mm du capteur. Le grossissement est donc de 36 / 11 = 3,27. Par rapport à l’objectif seul, cela nous donne un gain de 3 (3.27 / 1.09)

105 mm Macro & Saga+20 – Grossissement maximal: 3,27 – ISO 100 – f/45 – 1/160 s
Synthèse
Facteur grossissant 60 mm 105 mm
Objectif Seul 1 1,09
Saga +10 1,4 2,32 (gain 2.13)
Saga +15 (*) 2,77 (gain 2,56)
Saga +20 (*) 3,27 (gain 3)

(*) pas utilisable dans la pratique. Avec ces dioptres, la distance entre le sujet et le pré-objectif est trop petite et ne permet pas de placer aisément les flashs. De plus, les sujets mobiles ne se laisseraient pas approcher et ils s’en iraient. Seuls des sujets fixes avec des petits flashs comme des fibres optiques, pourraient être photographiés. Le 105 mm reste donc plus intéressant pour les pré-optiques +15 et +20.

A noter: je n’ai pas le Saga +5, mais je pourrais extrapoler un gain d’environ 1.5 par rapport au 105 mm seul

Conclusion

Nous avons mis en évidence qu’une même pré-optique n’offre pas le même grossissement selon la focale de l’objectif utilisé. L’effet est beaucoup plus important sur le 105 mm que sur le 60 mm.

L’utilisation du 105 mm semble donc la meilleure optique pour l’utilisation de pré-optiques macro. Non seulement les distances de travail sont plus faciles, mais les grossissements sont plus importants. Ayant discuté avec un représentant Nauticam au Boot de Düsseldorf, il m’a confirmé que les pré-optiques sont conçues pour des focales plus longues du type 100mm.

La seule raison pour ne pas utiliser le 105 mm à la place du 60 mm, c’est si l’on veut utiliser l’objectif sans les pré-optiques dans une eau chargée en particules. Là, la distance entre le sujet et l’objectif serait trop grande avec un 105 mm. Dès que l’on met un pré-objectif, cette distance diminue drastiquement et il n’y a plus vraiment de problème à ce niveau.

A retenir
  • Un même pré-objectif “grossit” plus avec une longue focale (105 mm) qu’une courte focale (60 mm) => pour la super macrophotographie, les longues focales sont plus intéressantes.
  • On peut obtenir un gain de 2, 2.5, 3 avec les saga +10, +15, +20
Pour s’initier

Du point de vue de la facilité d’utilisation et des qualités des résultats obtenus, le +10 est certainement le pré-objectif par lequel commencer. Le grossissement est déjà supérieur à 2, la distance de travail le rend gratifiant (j’ai déjà eu un petit gobie avec cette configuration). Vous obtiendrez rapidement de beaux résultats avec un peu de pratique

J’espère que le passage en revue technique de ce matériel vous éclairera dans vos choix et vous encouragera à vous lancer dans la “Super macrophotographie“.

D’ici notre prochain échange, je vous souhaite de longues plongées pleines de belles photos.

Si vous avez aimé cet article, je vous invite à vous abonner à ma page Facebook pour être averti des prochains articles concernant la photographie sous-marine.
Je vous invite aussi à vous abonner à ma chaîne YouTube “Plongée Photo” ou vous trouverez d’autres sujets et des compléments à ceux abordés dans ces articles.

Votre Livre Gratuit

Merci pour votre visite !

 

Pour recevoir votre livre gratuit sur la photographie rapprochée en plongée, indiquez simplement votre prénom et votre mail ci-dessous

Je hais les spams : votre adresse email ne sera jamais cédée ni revendue. Vous pouvez vous désincrire à tout instant.

Recevez gratuitement mon livre sur la photo macro en plongée

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.