Les pièges de la lumière artificielle

Salut les Amoureuses / eux du Monde du Silence,

Vous utilisez sans doute pour la grande majorité une lumière artificielle pour éclairer les sujets que vous photographiez. Que ce soit un ou plusieurs flashs, une ou plusieurs lampes ou encore un mélange de flashs et lampes, nous avons besoin de cet apport pour rendre les couleurs. Si vous ne photographier qu’en lumière naturelle, vous pouvez passer votre chemin et lire un autre article 😉

Sans doute avez-vous rencontré des soucis avec le rendu des couleurs sur vos photos: certaines zones les rendent bien et d’autre pas. Cela qui donne un mélange parfois étrange … Cet article va se concentrer sur le rendu des couleurs en fonction de votre éclairage artificiel.

SI Vous n’avez qu’une source de lumière:
Différentes températures de couleurs

Ce qui est important c’est de connaître la température de couleur de votre éclairage pour pouvoir choisir sa balance des blancs sur son appareil photo. Cela vous donnera un rendu plus “vrai”. C’est surtout important si vous photographiez en JPEG et que vous n’avez pas de fichier brut (RAW). Pour ceux qui me lisent régulièrement, vous savez que je conseille vivement ce dernier format (cf. Pourquoi photographier en RAW). Cela ne veut pas dire que vous ne pouvez pas choisir de modifier cette température de couleur pour avoir un rendu qui convient mieux à l’atmosphère ou l’émotion que vous voulez faire passer. Cependant cela vous permet de partir avec une bonne base ou vous comprendrez comment jouer dès le début avec couleurs.

Comme je l’évoquais dans l’article sur les diffuseurs (Les différents types de diffuseurs), pouvoir choisir sa température de couleur en fonction de l’eau n’est pas anodin lorsque vous incluez le bleu (ou le vert) de l’eau dans votre photographie.

Une température de couleur froide dans une eau bleue aura tendance a refroidir la couleur de votre sujet (teinte bleutée) vous allez vouloir la réchauffer (accentuer les jaunes-oranges) avec une balance des blancs froide. Cela va se faire sur l’ensemble de la photo. Le bleu de la mer va aussi être réchauffé et avoir une teinte “jaunâtre / verdâtre”. Au contraire, une température de couleur chaude vous force (ou votre appareil photo) à compenser en rendant les couleurs plus bleues (plus froides) avec une balance des blancs chaude. L’eau sera alors rendue plus bleue, ce qui la renforce. En eau bleue, une source de lumière d’un blanc chaud est donc vivement conseillé.

Les diffuseurs sont de bons moyens de modifier la température de couleur des sources lumineuses. Ils sont courants pour les flashs mais moins pour les lampes. Il reste possible d’en construire soi-même.

Dans des eaux plus vertes car riches en plancton dans le nord de l’Europe (atlantique nord, manche, mer du nord, mer Baltique, …), une température de couleur froide rajoutera par le choix d’une balance des blancs froide  une teinte jaune au vert de l’eau ce qui est moins gênant qu’une teinte bleue provenant de la compensation d’un éclairage plus chaud. En eau verdâtre, une source de lumière d’un blanc froid est conseillé.

A Noter pour bien comprendre:

  • La lumière du jour blanc neutre a une température de couleur de 5000 °K
  • Une lumière chaude a une température de couleur < 5000 °K : jaunâtre
  • Une lumière froide a une température  de couleur > 5000 ° K : bleuté
  • La notion de chaud / froid est relatif à sa couleur (ton chaud / froid) qui est inversé par rapport à la température de couleur: chaud (jaunâtre) pour des petites températures (<5000 °K) et froid (bleuâtre) pour des grandes températures (>5000 °K)

Le premier piège est donc évité en choisissant la bonne température de couleur de sa lumière artificielle en fonction de la couleur de l’eau.

Vous avez plusieurs sources de lumière:
Le flash déporté a une couleur un peu bleutée (température de couleur plus élevée). Sa température de couleur est plus froide que celle du flash lié au caisson. La lampe de la plongeuse a une tonalité plus chaude (température de couleur plus basse).

Ce qui est important c’est d’avoir vos différentes sources de lumière qui sont ont la même température (et la bonne température en fonction de l’eau dans laquelle vous photographiez). Si vous avez par exemple deux flashs différents (modèles et / ou marque différentes) il est peu probable que les températures soient les mêmes, avec de la chance, elles seront similaires. Sinon, vous risquez d’avoir une source plutôt chaude et l’autre plutôt froide.

En choisissant manuellement votre balance des blancs, vous allez favoriser l’une ou l’autre de vos sources de lumière. L’autre donnant une teinte plus jaune ou plus bleue sur la partie qu’elle éclaire. En laissant l’appareil faire un choix automatique, vous aurez des variations en fonction des différentes conditions (puissance, temps de recharge des  flashs, distance du sujet, type de sujet, …). Ce ne sera pas contrôlé. Parfois ce sera correct, parfois non. Bien que cela peut ouvrir la porte à de bonnes surprises, la difficulté sera de pouvoir reproduire ce qui vous a plu, puisque ce seront les conditions et les choix de l’appareil qui auront défini le résultat. Une analyse a posteriori permettra d’en tirer les informations pour le refaire par la suite … en manuel.

Par exemple:

  1. Vous avez deux flashs: un froid (5400 K) et un chaud (4600 K).
    1. Vous réglez la balance des blancs pour le froid (5400 K), les couleurs de la partie éclairée par le flash “froid” seront bien rendues. Celles éclairées par le flash “chaud” seront jaunies (car encore réchauffées par la choix de la balance des blancs) plus ou moins fort en fonction de la différence entre les deux températures de couleur. La couleur de l’eau en arrière-plan sera modifié conformément à ce qui a été décrit plus haut.
    2. Vous réglez la balance des blancs pour le chaud (4600 K), les couleurs de la partie éclairée par le flash “chaud” seront bien rendues. Celles éclairées par le flash “froid” seront bleutées (car refroidies par le choix de la balance des blancs) de façon plus ou moins forte en fonction de la différence entre les deux températures de couleur. La couleur de l’eau en arrière-plan sera modifié conformément à ce qui a été décrit plus haut.
    3. Vous régler la balance des blancs entre les deux et vous minimiserez les effets de part et d’autre sans être vraiment bon dans les deux cas. La couleur de l’eau en arrière-plan sera modifié aussi un peu entre les deux, en fonction de la température de couleur choisie – conformément à ce qui a été décrit plus haut.

Si vous mélangez un flash et une lampe, vous risquez encore plus d’avoir des températures de couleurs différentes, des angles de couverture différents, des puissances différentes, des qualités d’éclairages différentes et des capacités à rendre la gamme des couleurs différentes. Bref c’est se compliquer sérieusement la vie et s’offrir des doses de frustration à souhait. Mais on a le droit de se compliquer la vie. Il suffit de prendre un pilule de NZT (cf. la série TV Limitless ;-).

Les températures de couleurs s’appliquent aussi aux lampes des modèles. Ici la lampe donne un ton plus chaud (température de couleur plus basse).

Concernant le dernier point évoqué qui est la capacité à rendre le spectre des couleurs, elle est caractérisée pour les lampes LED par leur indice CRI. Une lampe avec un CRI faible ne sera pas capable de rendre toutes les couleurs. Un CRI élevé (Maxumim = 100)  est capable de rendre les couleurs du visible. Il ne faut pas prendre une lampe avec un indice en dessous de 85. Les flashs, par construction, rendent bien l’ensemble du spectre lumineux.

Pour vous donner une idée de ce que cela représente, c’est le cas de certains éclairages publiques (type orangé) sous lesquels la nuit tout parait orange ou gris lorsque l’objet éclairé ne contient pas d’orange. Même notre œil devient incapable de distinguer des couleurs car à l’origine il n’y a pas le spectre électromagnétique qui permet de rendre les couleurs. Pour rappel une couleur ne peut être perçue que si elle est éclairée par cette couleurs qui est alors renvoyée (les autres étant absorbées). Une lumière blanche contient toutes les couleurs. C’est leur mélange qui la fait apparaître blanche. En fonction de leurs quantités respectives elles paraissent un peu plus chaude ou froides.

En conclusion
  • Choisissez la température de couleur en fonction du type d’eau dans lesquelles vous photographiez. Si possible avec la possibilité de modifier cette température de couleur par un filtre (fourni par le constructeur ou fabriqué maison)
    • En eau bleue une température plutôt chaude / jaune (<5000°K)
    • En eau verte une température plutôt froide / bleutée (>5000 °K)
  • Optez pour l’utilisation de sources de lumière identiques (même type, marque et modèle)
  • Pour votre lampe photo ou vidéo, optez pour un CRI > 85

N.B. si vous cherchez une lampe polyvalente, vous aimerez l’article: Une lampe pour la plongée et la photo

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